10 novembre 2007

D'un bon début de journée à une minable fin de soirée

Voilà une journée qui avait plutôt bien commencée : je me réveille et sens tout de suite une faim inhabituelle et intense. C'est devenu si rare pour moi d'avoir faim que je suis très contente. Un coup d'oeil à mon portable me renseigne sur l'heure, 9h40, et confirme ma joie : à cette heure-ci, normalement, le samedi, je prends le métro pour aller en cours. Mais aujourd'hui, ma prof d'histoire nous fait le plaisir d'être absente. Je me lève, chausse mes pantoufles Hello Kitty et mon swet en polaire miteux -il fait frisquet quand même, et me dirige d'un pas que je qualifierais d'allègre vers la cuisine. J'ai faim, c'est merveilleux, je peux manger ! Je décapite une mini boîte de Chocos, arrose son contenu de lait de soja, et savoure ce délice en lisant le dernier Cosmo. Merveilleux. Je poursuis avec un Vitalduo puis demande à l'instance maternelle de me préparer un thé à la vanille, elle s'exécute avec amour. Quelques heures plus tard nous partons toutes deux faire les courses, dans mon magasin adoré qui plus est. Nous achetons plein de bonnes choses. Mais déjà, mon humeur se gâte : nous sortons de l'endroit vers 14h, nous n'avons pas mangé mais je ne ressens aucune sensation de faim. Nous rentrons, la petite famille déjeune et je m'isole dans ma chambre avec mon livre. Quelque temps plus tard je commence enfin à sentir poindre la faim. Il est presque 15h mais peu importe, je demande à ma petite maman d'exécuter la tâche trop compliquée pour moi qui consiste à mettre un steak de soja dans une poêle. Mais voilà qu'elle dit une phrase qui fait tout basculer : "A cette heure-ci ? Ca te fait envie ?" Allez savoir pourquoi, cette simple question fait vaciller mon envie et me pousse vers la cuisine, en quête d'autre chose à manger... Mes yeux tombent alors sur une chose achetée tout à l'heure : une empanada de dinde, tout juste réchauffée, dont l'aspect me rend plus douloureuse la faim qui s'est maintenant franchement déclarée. Je n'hésite que quelques instants avant de me saisir de l'objet et, debout dans la cuisine, les tempes battantes, ayant la sensation de transgresser de hauts interdits, je le mange. Sitôt avalé, je m'en veux. Beaucoup. Trop. J'essaye d'en parler avec ma mère, et n'arrive qu'à déclencher une crise qui se termine en pleurs des deux côtés. Je passe les détails. J'essaye de me rassurer en me disant que je me rattraperai au dîner. Arrivée au soir, je suis heureuse de voir revenir ma faim, qui se faisait si rare ces dernières semaines. Je réchauffe et mange une petite soupe tomate-céleri, que je complète d'une mousse de fruits allégée, ainsi que d'un thé à la vanille. J'aurais tant aimé m'arrêter là. Mais un peu plus tard, je ne peux empêcher la crise d'arriver. D'abord une pomme. Puis un carré de chocolat au lait. Un deuxième. Un gâteau sablé au chocolat, achetés pour le petit-déjeuner de ma soeur. Un deuxième. Des tomates cerises. Et puis, le pain. Le pain blanc sur la table, le pain tellement, tellement délicieux... Et une voix dans ma tête qui me somme d'arrêter, tu te fais du mal, tu sais que tu vas regretter ensuite.. ; oui je le sais mais c'est comme ça je n'y peux rien, j'ai le coeur qui bat trop vite, trop fort, les mains qui tremblent pendant que j'extrais le pain de son sachet et coupe une tranche, puis deux, puis trois... La seule chose qui me retient de manger la miche entière est la peur que j'ai de devoir aller vomir ensuite. Je n'ai pas envie, pas du tout. J'ai bien trop peur. Alors je me rabats sur une bouteille d'eau. Elle est toujours là, à côté de moi, tandis que j'écris, et je dois la vider entièrement, pour me laver, en quelque sorte de ce que je viens de faire. J'ai déjà prévu de ne manger que si j'ai vraiment faim demain. Je compte sur cette eau pour me laver aussi de l'intérieur, même si je suis consciente que c'est là une idée ridicule, que le fait de boire une bouteille d'eau ne va pas vraiment contribuer à éliminier tout ça. Mais j'espère quand même. Je me trouve si faible. Pourquoi ai-je cédé à cette envie de pomme ? Je n'avais même pas faim. Je suis immonde, je sens mon ventre tendu, rempli d'eau, mais je me refuse à aller vomir parce que ça, décidément, c'est trop. Tant pis, je garde tout ça à l'intérieur, bien fait pour moi tiens. La prochaine fois, tu y penseras à deux fois avant de prendre une pomme...

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